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La Côte d’Azur attire chaque année des millions de visiteurs, et la tentation de transformer un logement en meublé de tourisme y est forte. Pourtant, cette démarche est encadrée par une réglementation de plus en plus stricte. Le changement d’usage sur la Côte d’Azur est ainsi devenu un sujet incontournable pour tout propriétaire désireux de se lancer dans la location saisonnière. Une bonne compréhension des règles applicables est indispensable pour sécuriser votre projet et éviter de lourdes sanctions.

Comment obtenir une autorisation de changement d’usage pour louer en meublé ?

Le changement d’usage sur la Côte d’Azur est régi par l’article L631-7 du Code de la Construction et de l’Habitation. Il s’applique dès lors que vous souhaitez transformer un local d’habitation en meublé de tourisme dans les communes soumises à cette réglementation. Ceci est le cas à Nice, Cannes et dans de nombreuses autres villes du littoral azuréen.

La démarche consiste à déposer une demande d’autorisation auprès de la mairie concernée. Chaque collectivité fixe ses propres règles, notamment :

  • les zones géographiques concernées,
  • les quotas d’autorisations délivrées,
  • les critères d’éligibilité à respecter.

L’autorisation peut être accordée à titre personnel (temporaire, liée au propriétaire) ou à titre réel (définitive, attachée au bien). Dans ce second cas, une compensation est exigée, à savoir la transformation en logement d’un local d’une superficie équivalente situé dans le même secteur.

Par ailleurs, avant d’entamer toute démarche, vérifiez que la location saisonnière n’est pas interdite par le règlement de copropriété de votre bien, sous peine de voir votre projet bloqué dès le départ.

Changement d'usage sur la Côte d'Azur

Enregistrement, numéro et compensation : les règles imposées à Nice et Cannes

À Nice et Cannes, les propriétaires qui souhaitent louer leur bien en meublé de tourisme sont soumis à des obligations précises.

À Nice, depuis le 1er janvier 2026, la réglementation distingue plusieurs situations selon votre profil. Pour une résidence principale, aucun changement d’usage n’est requis, mais la durée de location est plafonnée à 90 jours par an. Pour une résidence secondaire ou un investissement locatif détenu par une personne physique ou morale non commerciale, un changement d’usage temporaire de 3 ans peut être accordé, dans la limite des quotas définis par zone géographique. Les personnes morales commerciales, quant à elles, peuvent obtenir un changement d’usage réel et définitif, mais avec une obligation de compensation.

À Cannes, chaque propriétaire doit enregistrer son logement en mairie afin d’obtenir un numéro d’enregistrement à 13 chiffres, indispensable pour toute annonce publiée sur les plateformes de location. La résidence principale ne peut être louée que 90 jours par an — un seuil inférieur à la norme nationale de 120 jours —, en raison de la forte pression locative liée aux grands événements tels que le Festival de Cannes ou le MIPIM. Dans le secteur de la Croisette et ses abords, des quotas d’autorisations ont été instaurés et la compensation est obligatoire.

À l’échelle nationale, la loi Le Meur de novembre 2024 renforce encore ces dispositifs. À partir du 20 mai 2026 au plus tard, l’enregistrement sur un portail numérique national sera obligatoire pour tous les meublés de tourisme, quelle que soit la commune.

Airbnb et durée de location : les risques à connaître pour les propriétaires

Le non-respect de la réglementation sur les plateformes comme Airbnb vous expose à des risques significatifs. À Cannes, les amendes pour infraction peuvent atteindre 100 000 €. Plus largement, le dépassement des plafonds de jours de location peut entraîner une amende civile de 10 000 € (portée à 15 000 € par décret à venir). L’absence d’enregistrement est quant à elle passible d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 10 000 €.

Les plateformes de réservation sont désormais tenues de bloquer les annonces dès que le plafond de jours autorisés est atteint. En cas de fausse déclaration ou d’utilisation d’un numéro d’enregistrement frauduleux, la sanction peut monter jusqu’à 20 000 €.

Depuis novembre 2024, tout nouveau meublé de tourisme soumis à une autorisation de changement d’usage doit enfin présenter un diagnostic de performance énergétique (DPE) classé au minimum E pour pouvoir être mis en location. Cette exigence sera durcie à partir de 2034, avec une obligation de classe D minimum.

Face à la complexité de ces démarches et à l’évolution rapide du cadre réglementaire, un accompagnement par des professionnels du secteur est vivement conseillé avant d’entamer tout projet de location saisonnière sur la Côte d’Azur.

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