Vous avez choisi d’intégrer du bois dans votre projet de construction ou de rénovation ? Sachez qu’en fonction de l’utilisation envisagée, et surtout si le bois doit être placé dans un environnement humide, il faudra certainement le traiter au préalable.
Mais quel traitement privilégier ? Teinture, saturateur, lasure… Autant de produits à distinguer avant d’acheter vos planches.
Bois de construction : quelles sont les classes et pourquoi sont-elles importantes ?
Dans le domaine de la construction, choisir son bois ne se fait pas seulement selon l’essence utilisée ou l’aspect recherché.
Les classements d’emploi du bois (norme NF EN 335-1 à 3) sont indispensables pour assurer la pérennité et la qualité des ouvrages réalisés. En fonction du risque d’humidité auquel sera soumis le matériau sur le long terme, cette norme permet d’adapter l’essence choisie aux contraintes techniques liées au projet.
Ainsi, chaque classe correspond à un niveau d’exposition du bois à l’humidité, aux champignons et aux insectes xylophages. On recense cinq classes principales : La classe 1 concerne les bois en intérieur sec, où l’humidité de l’air ne dépasse pas 20 % (chambres, salons…).La classe 2 regroupe les bois abrités mais susceptibles d’être exposés à une humidité occasionnelle importante (bois en sous-face de toiture par exemple).Les classes 3 et 4 concernent quant à elles les bois en extérieur :• La classe 3 s’applique aux bois qui ne sont pas en contact avec le sol (façades, menuiseries…) et qui sont soumis à une humidité fréquente (pluie, brouillard…).Elle se divise en deux sous-catégories :• Classe 3.1 : sans stagnation d’eau (nez de marche ex.) • Classe 3.2 : avec stagnation d’eau (bacs à plantes ex.) • La classe 4 concerne les bois en contact direct avec le sol ou l’eau douce.Pour finir, la classe 5 est plus particulière car elle concerne les bois en immersion permanente dans une eau salée.
Apprendre à reconnaître ces classes de bois va vous permettre d’adapter votre traitement au contexte d’utilisation et de ne pas subir une dégradation rapide. Pour savoir quelle classe il vous faut, il faut réaliser une analyse fine de l’exposition à l’humidité : pluie, soleil, stagnation de l’eau, en contact direct avec le sol ou la mer…
Par exemple : un bardage extérieur nécessite un bois au minimum de classe 3 ; une terrasse, soumise aux projections d’eau et à la stagnation de l’humidité, doit être réalisée en classe 4 le plus souvent ; pour une pergola couverte, une classe 3a pourra être suffisante alors qu’un piquet de clôture posé dans un sol argileux devra être en classe 4. En cas de défaillance dans le respect des exigences liées à la classe du bois mise en œuvre, les risques sont importants en termes de structure (déformation et perte totale de résistance mécanique). Les erreurs les plus fréquentes sont liées à une non ventilation sous lambourdes, à l’utilisation d’une visserie inadaptée ou encore à l’emploi d’aubier en extérieur non traité.
Au-delà du respect réglementaire, la classification permet aussi une meilleure gestion des coûts dans le temps. Un bois bien choisi et traité selon sa classe d’emploi réclamera moins d’entretien, durera plus longtemps et engendrera moins de risque de sinistralité sur le chantier. D’où l’importance de se renseigner au préalable avant toute sélection d’un bois pour un projet construction ou rénovation.
Durabilité naturelle, imprégnabilité et traitements associés
La durabilité naturelle d’un bois varie selon son espèce et la partie de l’arbre exploitée.
Le duramen, le cœur du bois, est généralement plus résistant que l’aubier, la couche périphérique, qui est souvent non durable et doit donc être traitée avant toute utilisation en extérieur. La norme EN 350-2 classe les bois en fonction de leur résistance aux agents biologiques (champignons, insectes, termites) dans 5 classes de 1 (durable très longtemps) à 5 (non durable), ce qui permet d’orienter le choix des essences en fonction de l’exposition prévue.
Ainsi, certaines essences comme le chêne ou le châtaignier ou le robinier disposent d’une résistance naturelle très élevée et peuvent répondre sans traitement à des niveaux de classe 3 voire 4 pour certains usages extérieurs. Inversement des essences plus tendres comme le pin ou l’épicéa devront obligatoirement bénéficier de traitements adaptés pour obtenir les mêmes performances.
L’imprégnabilité se définit par sa classe allant de 1 (facilement imprégnable) à 4 (peu ou pas imprégnable) et désigne la capacité du bois à recevoir les produits de traitement. Cette caractéristique dépend de l’essence ; ainsi le pin sylvestre est considéré comme très imprégnable (classe 1), ce qui facilite l’application des traitements autoclaves afin d’obtenir une classe 4. A l’inverse certaines essences denses ou exotiques sont peu imprégnables (classe 4), ce qui ne permet pas de leur conférer une protection artificielle mais qui en raison de leur durabilité naturelle classée parfois dans les classes élevées (4-5) pourront être utilisées sans traitement pour des usages extérieurs exigeants.
Les traitements peuvent être préventifs ou curatifs, chimiques (autoclave, trempage…) ou thermiques (bois rétifié, thermotraité). Les traitements thermiques ou imprégnation naturelle sont aujourd’hui des alternatives crédibles et plus écologiques aux traitements chimiques. Le choix du traitement sera donc déterminé à la fois par l’essence, l’exposition prévue, l’absence d’aubier et l’impact sur l’environnement souhaité. Nous vous conseillons de choisir des traitements certifiés, moins nocifs pour la planète tout en offrant une protection efficace et durable et de toujours vérifier que le produit obtenu correspond bien à la classe d’emploi désirée.

Cassiez les codes : nos conseils de pose et d’entretien en fonction des classes de bois
Parce que le choix de la classe ne fait pas tout, et que le traitement du bois ne suffit pas à garantir sa longévité, la façon dont il est posé et entretenu joue également un rôle déterminant dans sa durabilité.
Pour favoriser une longévité optimale, plusieurs étapes indispensables doivent être respectées lors de la pose et de l’entretien, en fonction de chaque type de bois et du lieu d’exposition.
Voici les principaux conseils à retenir :
- Veillez à une ventilation suffisante en respectant un espace sous-lambourdes de plus de 30 mm, afin d’éviter l’humidité stagnante et de favoriser le séchage du bois.
- Privilégiez les plots ou sabots en inox adaptés au niveau d’exposition (bord de mer…) afin d’éviter la corrosion des fixations et la déformation de votre structure.
- Traitez les coupes et les extrémités avec un produit adéquat afin de limiter l’absorption d’eau dans le bois et le risque d’infiltration.
- Prévoyez une pente sur les surfaces horizontales afin que les eaux de pluie s’évacuent facilement, pour éviter les points de stagnation qui favorisent le pourrissement.
- Choisissez des fixations inoxydables adaptées (visserie inox A4 conseillée en milieu marin) pour résister aux agressions climatiques et chimiques.
- Réalisez un entretien adapté à la classe du bois : application régulière de saturateurs, huiles, lasures… selon la durabilité naturelle du bois et son niveau d’exposition aux intempéries.
- Effectuez un nettoyage régulier à l’eau claire ou avec des produits doux et une inspection annuelle pour détecter précocement fissures, éclats, décolorations ou autres signes de dégradation.
- Réparez rapidement tout dommage afin que celui-ci ne s’aggrave pas et n’affecte ni l’esthétique, ni la performance mécanique du bois.
L’entretien régulier conditionne la durée de vie du bois. Pour les classes 3 et 4, un suivi soutenu est nécessaire avec des applications périodiques de produits de protection. Les bois naturellement durables (classe 5) se contentent généralement d’un nettoyage annuel accompagné d’une inspection. Il est également recommandé de suivre scrupuleusement les consignes spécifiques du fabricant concernant les traitements et rénovations, qui pourraient diminuer ses performances. Un suivi rigoureux permet ainsi d’éviter toute intervention lourde tout en garantissant une résistance optimale aux agressions extérieures.
Traçabilité, labels et tendances vers une écologie respectueuse du choix des bois
De plus en plus, la traçabilité du bois devient un critère déterminant dans l’acte d’achat.
Elle assure que la provenance est issue de forêts gérées durablement et conformément aux exigences des labels PEFC ou FSC. Ces derniers sont souvent accompagnés de fiches techniques qui renseignent notamment sur la classe d’emploi du bois et son imprégnabilité. Ils garantissent l’absence de coupe illégale et le respect des cycles naturels de renouvellement, une préoccupation qui grandit chez les consommateurs soucieux de leur empreinte écologique. Il convient également de ne pas confondre la classe d’emploi (environnement d’utilisation) et la classe de durabilité (propriété naturelle du bois liée au duramen), ni d’oublier de s’assurer de l’absence d’aubier si l’on souhaite garantir une longévité à son bois.
Dans la tendance verte actuelle, on privilégie les bois locaux et les traitements plus respectueux (thermo-traitement, produits naturels) limitant les produits chimiques dangereux. On note aussi une utilisation croissante des bois traités et exotiques en extérieur, le recours à des traitements écoresponsables (thermo-traitement, imprégnation naturelle), l’intégration des critères environnementaux dans la normalisation à l’international, une préférence accrue pour le durable et le écologique ou encore la possibilité d’accroître la classe d’un bois par traitement sous pression (de 2 à 4 par exemple). Cela permet de gagner en souplesse sur le choix des essences.
Enfin, la demande de constructions “bâtiment biosourcé” ou “HQE” (Haute Qualité Environnementale) pousse les acteurs du secteur à innover et à améliorer la transparence sur l’origine et la qualité du bois. Les organismes de certification et de contrôle ( FCBA, CSTB, CTBA) sont engagés dans les démarches qualité et conformité des produits. Cette dynamique, favorisée par l’évolution des pratiques professionnelles et par la demande environnementale, valorise les bonnes pratiques, permet d’adapter le choix du bois et du traitement à l’exposition réelle et oriente le marché vers des solutions innovantes, durables et responsables, en minimisant les surcoûts et en maximisant la durée de vie des ouvrages bois.

