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Rien ne sert de bien faire une dalle béton, elle est contrainte comme les autres par la température et l’humidité de l’air qui provoquent sa dilatation et son retrait. Sans précautions particulières, des fissures disgracieuses ou des désordres structurels ne tarderont pas à survenir. La dilatation dans une dalle est un phénomène naturel, et le joint de dilatation devient alors l’élément incontournable pour préserver toute l’intégrité de l’ouvrage.

Quel est le rôle et l’utilité d’un joint de dilatation dans une dalle béton ?

Dans la réalisation d’une dalle béton, le joint de dilatation a un rôle majeur.

On parle ici du très connu « joint de dilatation », mais aussi parfois appelé « joint de traction ». Son rôle est d’absorber les variations dimensionnelles du béton dues aux changements de température, à l’humidité ou aux mouvements du sol.

En effet, sans joint de dilatation, les tensions accumulées lors des changements peuvent entraîner des fissures ou déformations dans la dalle compromettant ainsi la solidité et durabilité de l’ouvrage.

Bien que très résistant à la compression, le béton n’échappe pas aux phénomènes de retrait et de dilatation. La dilatation thermique et le retrait du béton sont deux aspects essentiels à considérer. Et s’il peut sembler insensible à ces phénomènes en raison des faibles mesures exprimées, ils sont en réalité loin d’être négligeables lorsqu’ils sont pris en compte lors du coulage. De quelques dixièmes à plusieurs millimètres selon les conditions environnementales, ces mouvements n’appartenant pas au domaine apparenté à la mécanique des matériaux peuvent générer des désordres si on ne leur accorde pas la place nécessaire pour se produire naturellement. Le joint de dilatation joue ici un rôle primordial en permettant l’évolution dimensionnelle interne du béton : c’est une zone tampon capable de se comprimer ou de s’étendre pour absorber les mouvements naturels du matériau.

Par ailleurs, ces joints permettent également la répartition des contraintes mécaniques notamment dans les grandes surfaces bétonnées comme les terrasses, parkings ou dallages industriels. Sans eux, la dalle se fissurerait prématurément perdant ainsi toute sa durée de vie et engendrant des réparations coûteuses.

Repérer les cas de figure où un joint de dilatation doit être réalisé

Si la réalisation d’un joint de dilatation n’est pas nécessaire pour toutes les dalles béton, elle devient incontournable dans certaines circonstances.

Quand il s’agit d’une dalle en béton supérieure à 25 à 40 m², ou lorsqu’elle présente une longueur en continu de plus de 6 à 8 mètres, le risque de fissuration est réel en raison du mouvement du sol. Il est alors conseillé fortement de prévoir un ou plusieurs joints pour diviser la surface en autant de panneaux indépendants.

Les dalles soumises à des amplitudes thermiques importantes comme les terrasses extérieures, allées… sont particulièrement concernées. De même quand la dalle vient se ficher contre des éléments fixes tels que les murs, poteaux, murets… un joint de dilatation périphérique est obligatoire pour éviter tout point dur pouvant entraîner des fissures. Il est essentiel de poser un joint pour permettre une zone de dilatation adéquate.

Dans les locaux industriels ou commerciaux où le dallage sera soumis à des charges lourdes et répétées, la réalisation de joints adaptés permettra de préserver l’intégrité de la structure dans le temps. La technique du calepinage des joints est souvent utilisée pour planifier l’emplacement des joints. C’est donc en fonction des contraintes qui seront appliquées à la dalle, comme le tassement différentiel, qu’il faut déterminer l’emplacement et le nombre de joints nécessaires.

Conseils pratiques pour bien créer un joint de dilatation dans une dalle béton

La création du joint de dilatation s’effectue généralement au moment du coulage de la dalle.

Il est donc important avant de commencer de tracer l’emplacement des joints sur le coffrage ou directement sur le hérisson (à l’aide d’une règle de maçon et d’un cordeau traceur afin qu’ils soient bien droits et alignés avec les autres éléments de la construction).

Pour réussir la réalisation d’un joint de dilatation, il est important de prendre certaines précautions :

  • Si vous choisissez la coupe à la disqueuse, effectuez-la au bon moment : généralement entre 4 et 12 heures après le coulage, selon les conditions atmosphériques et le type de béton.
  • Respectez la profondeur du joint, qui doit être au minimum d’un quart de l’épaisseur de la dalle afin de diriger les fissures au niveau du joint.
  • Utilisez des matériaux compressibles appropriés à chaque environnement : mousse polyéthylène pour les dallages intérieurs, bandes bitumineuses ou joints en caoutchouc pour les dallages extérieurs.
  • Avant pose, nettoyez soigneusement la zone en éliminant poussières, gravats et résidus gras puis humidifiez légèrement afin de favoriser l’adhérence des mastics ou couvre-joints sur le support.
  • Prévoyez un entretien régulier des joints dans les zones extérieures afin de vérifier leur état et éviter l’infiltration d’eau ou autre liquide susceptible d’endommager la structure portée par votre dalle.

Une fois le joint en place, vous pouvez le recouvrir d’un mastic souple ou d’un couvre-joint. Cela garantira son étanchéité et sa durabilité dans le temps. Pour les grandes surfaces, il est préférable de prévoir plusieurs joints en quinconce ou en damier. Cela permettra de maîtriser efficacement la dilatation dans toutes les directions.

Enfin, n’oubliez jamais que la profondeur du joint est déterminante : elle doit traverser l’intégralité de l’épaisseur de la dalle pour garantir sa fonctionnalité et éviter l’apparition non contrôlée de fissures.

Quelles sont les erreurs à éviter ? Comment entretenir vos joints de dilatation ?

La première erreur consiste à ne pas tenir compte de la localisation ou du nombre de joints de dilatation, en pensant que le risque de fissuration est faible.

Malheureusement, un sous-dimensionnement ou une mauvaise répartition des joints peut rapidement entraîner des désordres irréparables. Il est donc préférable de se référer aux normes en vigueur ( DTU 13.3 pour les dallages sur terre-plein) et de consulter un professionnel en cas de doute.

Il faut également éviter d’utiliser un matériau de remplissage inapproprié, trop rigide ou de mauvaise qualité, qui ne jouerait pas son rôle amortisseur. Un joint mal posé, trop fin ou mal aligné perd toute efficacité et peut même aggraver les problèmes.

Pour garantir leur longévité, les joints nécessitent un entretien régulier. Vérifiez périodiquement l’état du mastic et remplacez-le si nécessaire, notamment en cas de craquelure, décollement ou usure. Nettoyez les joints à l’aide d’un jet d’eau pour retirer les débris ou les végétaux qui pourraient s’y loger.

Enfin, vérifiez l’absence d’infiltrations sur les dallages extérieurs afin d’intervenir rapidement si besoin.

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