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Si vous devenez locataire d’un logement, vous devez obligatoirement souscrire à un contrat d’eau pour ce logement. Quelles sont les obligations du locataire vis-à-vis de ce contrat ? Peut-on proratiser la gestion de l’eau entre locataires ? Quelles démarches concernant l’arrivée et la coupure de l’eau dans votre logement ? Toutes les réponses à vos questions sur la gestion de l’eau dans un logement loué.

Les régimes juridiques et obligations liés au contrat d’eau pour les locataires

En France, la gestion de l’eau dans le cadre des logements loués fait partie d’un régime juridique bien défini, notamment par la loi du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs.

Le propriétaire bailleur doit assurer un logement en bon état général, plomberie et installations d’eau comprises. L’eau fait partie des charges récupérables : le propriétaire peut demander au locataire le remboursement du coût correspondant à sa consommation effective ou, à défaut, à une estimation.

En revanche, selon le type d’immeuble et le mode de distribution de l’eau, la mise en place du contrat d’eau sera différente.

Si le logement possède un compteur individuel, le locataire peut souscrire directement un contrat auprès du fournisseur d’eau. Il devient ainsi l’interlocuteur principal en cas de problème avec les eaux, reçoit ses factures à son nom et règle directement ses consommations. Précision importante : si le compteur demeure la propriété du service des eaux, son entretien courant incombe à l’usager après le compteur.

En revanche, dans le cas où il s’agit d’un compteur collectif, c’est le propriétaire ou le syndicat de copropriété qui reste titulaire du contrat et qui inclut le coût de l’eau dans les charges locatives (avec une régularisation annuelle). L’individualisation des contrats d’eau en copropriété est possible grâce à une convention distincte mais elle est souvent difficile et coûteuse à mettre en œuvre.

Le bailleur a également l’obligation légale d’informer le locataire de l’état des installations et, si possible, de lui remettre un relevé de compteur à l’entrée et à la sortie des lieux. En cas de changement de locataire, il est important de relever précisément le compteur afin d’éviter les litiges concernant la facturation.

Par ailleurs, depuis l’ordonnance n°2022-1611, les bailleurs et syndics ont l’obligation de transmettre chaque année aux locataires et copropriétaires la facture d’eau ainsi que des informations relatives à la qualité de l’eau. L’objectif est d’assurer une plus grande transparence et protection des usagers. Le service des eaux doit également informer les usagers sur les mesures de protection contre le gel en leur rappelant que l’usager devient responsable des installations après le compteur.

Quelles sont les responsabilités du locataire et du propriétaire ?

La répartition des responsabilités entre locataire et propriétaire est encadrée par la réglementation.

Pour bien comprendre les obligations respectives, il est utile de reprendre en détail les principales responsabilités de chacun :

  • Ce qui incombe au locataire : payer l’eau puisée si son compteur est à son nom, rembourser les charges d’eau dans le cadre d’un contrat collectif, effectuer l’entretien courant des appareils liés à l’eau (robinets, chasse d’eau, joints, siphons…), payer les réparations en lien avec une négligence ou dégradation personnelle, protéger les installations contre certains risques comme le gel.
  • Ce qui incombe au propriétaire : garantir la conformité et le bon état de l’installation d’eau lors de la remise des clés, payer les réparations lourdes ou le remplacement d’équipements anciens non imputables au locataire, maintenir le logement en bon état général (y compris la plomberie), rédiger un bail clair et conforme sur la répartition des charges d’eau.
  • Ce qui incombe aux deux parties : conserver tous les documents établissant la relation contractuelle entre locataire et propriétaire ainsi que les relevés de compteurs pouvant servir à établir la bonne foi de chacune des parties en cas de litige, respecter scrupuleusement les règles sur les charges récupérables et fournir toutes les informations nécessaires pour leur correct calcul.

Sachez enfin que la rédaction claire du bail comme la communication entre locataire et propriétaire sont de précieux alliés pour éviter les conflits.

De plus, la réglementation étant en constante évolution, il est dans l’intérêt de chacun de rester vigilant quant aux dernières mises à jour sur les charges locatives et obligations réciproques.

Enfin, en cas de doute ou de conflit persistant, ne restez pas sans réponse : faites appel à un médiateur ou un professionnel du droit immobilier qui saura vous orienter vers une solution amiable.

Contrat d'eau locataire : responsabilités, légalité et gestion des factures d'eau

Factures d’eau : qui gère, pour quel paiement ?

Si le logement est équipé d’un compteur individuel, le locataire gère son contrat directement avec le fournisseur et reçoit la facture à son nom.

Il peut alors choisir son mode de paiement (prélèvement automatique, paiement en ligne, chèque…).

Dans ce cas, le locataire est également responsable du paiement de sa facture d’eau et dispose ainsi d’une transparence totale sur sa consommation et le montant de sa facture. En cas de difficulté de paiement, il peut demander un échéancier.

S’il y a un compteur collectif, c’est le propriétaire ou le syndic qui réceptionne et centralise la facture d’eau et la refacture ensuite aux locataires selon les critères fixés dans le règlement de copropriété (souvent au prorata de la surface ou du nombre d’occupants et, de plus en plus, à la consommation réelle grâce à des répartiteurs). Les charges d’eau sont versées en même temps que le loyer sous forme de provisions mensuelles avec une régularisation annuelle. Deux modes principaux existent : remboursement annuel forfaitaire ou facturation au réel avec régularisation chaque année.

Dans le cadre de la régularisation des charges, un décompte doit être envoyé au locataire au moins un mois avant la régularisation. Il doit préciser la consommation d’eau (part exacte), indiquer la méthode utilisée pour évaluer cette consommation et préciser la répartition entre les charges propriétaire et locataire. Il doit aussi distinguer entre estimation et relevé avec deux factures par an (la première estimée puis relevée). Le relevé est obligatoire une fois par an en présence du locataire sinon la consommation est estimée. Dans tous les cas d’anomalie ou si le doute persiste sur une surfacturation, il convient de réclamer ces justificatifs auprès du bailleur.

Surconsommation, fuite et contestation des charges d’eau

La surconsommation de l’eau ou la découverte d’une fuite peuvent rapidement entraîner des surcoûts considérables pour le locataire.

On parle de surconsommation lorsque la consommation est supérieure au double de la moyenne des trois dernières années. En cas de fuite, il faut prévenir au plus vite le propriétaire ou le gestionnaire afin de limiter les dégâts et les coûts supplémentaires. Selon la loi Warsmann de 2013, lorsque la fuite se situe après le compteur, le locataire doit être alerté par son fournisseur d’eau dès qu’une consommation anormale est détectée et le distributeur doit obligatoirement notifier son abonné en cas d’anomalie détectée. Il peut alors bénéficier d’un plafonnement de sa facture si une réparation de la fuite est effectuée dans un délai d’un mois avec fourniture d’un justificatif de réparation.

En matière de responsabilité, le propriétaire est en faute en cas de fuite sur une partie commune tandis que le locataire l’est lorsqu’il a une utilisation excessive du service ou qu’il a négligé une fuite.

En cas de contestation du montant des charges eau, plusieurs possibilités s’offrent au locataire : il peut demander au bailleur des justificatifs (factures, relevés compteurs, modre répartition), adresser une contestation par courrier recommandé, faire intervenir la commission départementale de conciliation ou saisir le juge des contentieux de la protection en cas de désaccord persistant. Il peut également demander la vérification du compteur dans le mois suivant la notification d’une anomalie, par un organisme accrédité. Le délai pour contester une facture est de 2 ans dans le secteur privé et 4 ans dans le secteur public.

Dans certaines situations, un dégrèvement peut être accordé en cas de surconsommation liée à une fuite avérée, sous réserve de transmettre le justificatif de réparation de la fuite. Pour prouver l’existence d’une anomalie ou d’une fuite, il est possible de rassembler des éléments comme des photos horodatées, un document établissant une intervention faite par un tiers sur l’installation, etc.

Enfin, en cas de litige persistant, il est possible d’engager le recours au médiateur de l’eau. Prendre soin d’entretenir régulièrement ses installations et être vigilant sur ses consommations permet ainsi d’éviter les risques. N’hésitez pas à solliciter un professionnel si vous avez le moindre doute sur l’origine d’une surconsommation ou si vous suspectez une fuite cachée.

Des dispositifs de contrôle pour garantir la transparence et protéger les usagers

Pour sécuriser la transparence dans la gestion de l’eau, plusieurs dispositifs ont été mis en place.

Les compteurs individuels se sont multipliés, et l’installation des compteurs communicants avec télérelevé mensuel s’est généralisée pour que chaque locataire puisse suivre sa consommation d’eau. Cela favorise la responsabilisation et évite la mutualisation injuste des coûts entre les différents habitants d’un même immeuble. Un relevé de compteur doit être effectué au moins une fois par an, et du fait de leur durée de vie, les compteurs doivent être remplacés ou vérifiés tous les 15 ans, puis tous les 7 ans.

La réglementation prévoit aussi la remise d’informations spécifiques lors de la régularisation annuelle des charges : factures, relevés de compteurs, critères de répartition. Depuis la réforme légale (ordonnance 2022-1611), les bailleurs et syndics ont l’obligation de transmettre chaque année aux locataires et copropriétaires la facture d’eau ainsi que des informations sur sa qualité. En cas de location, le syndic doit remettre ces éléments lors de l’assemblée générale annuelle. Ces mesures visent à renforcer la transparence dans le secteur et à protéger les usagers.

Par ailleurs, certaines collectivités proposent une tarification progressive ou saisonnière afin d’inciter à faire des économies d’eau. En cas de doute sur la conformité des dispositifs de mesure, le locataire peut demander une vérification du compteur auprès du fournisseur d’eau ou de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).

Enfin, pour renforcer la protection des usagers, le législateur a strictement encadré les coupures d’eau pour impayés dans les résidences principales : toute interruption de fourniture d’eau est prohibée par la loi y compris en cas de factures non réglées pour garantir l’accès à ce bien essentiel. Cette mesure protège notamment les locataires vulnérables et assure un traitement équitable pour tous.

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