Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Un état des lieux incomplet peut rapidement transformer la remise d’un logement meublé en véritable casse-tête, tant pour le locataire que pour le propriétaire. Souvent considéré comme une simple formalité, il engage pourtant les deux parties sur la restitution du mobilier et l’état général de l’appartement. Ainsi, chaque oubli, chaque négligence peut conduire à des litiges difficiles à résoudre par la suite.

État des lieux meublé : obligations légales et fondamentaux

L’état des lieux est un document obligatoire lors de la remise des clés d’un logement meublé, aussi bien à l’entrée qu’à la sortie du locataire. Il s’agit d’une preuve légale et d’une protection contre les litiges entre bailleur et locataire. Il doit ainsi être annexé au bail et réalisé à l’arrivée et au départ du locataire, en présence conjointe des deux parties (ou de leurs représentants) et doit être signé par chacune d’elles. Sa conservation est toutefois recommandée pendant 3 ans minimum. L’état des lieux doit par ailleurs respecter les exigences de la loi ALUR de 2014 qui impose un certain formalisme pour avoir valeur juridique.

Plusieurs mentions obligatoires doivent y figurer  : l’adresse du logement, la date de réalisation, les noms et coordonnées du bailleur et du locataire, les relevés des compteurs d’eau, de gaz et d’électricité, la description détaillée du logement et ses accessoires ainsi que l’état, la quantité et l’usure des différents meubles et équipements. Dans le cadre d’une location meublée, l’état des lieux devra comprendre un inventaire complet du mobilier et des équipements présents dans le logement. Ce constat est conforme au décret du 31 juillet 2015 qui définit le mobilier minimum requis dans un logement meublé (literie avec couette ou couverture, table, sièges, plaques de cuisson, vaisselle, ustensiles de cuisine…). Mais aussi luminaires et électroménager (réfrigérateur-congélateur ou four micro-ondes).Pour vous aider dans cette démarche il est recommandé d’utiliser un modèle spécifique selon le type de votre logement (studio/appartement). Côté description veillez à bien renseigner chaque équipement sur son degré de fonctionnement ainsi que son état d’usure. Ainsi même si elle n’est pas précisée dans la loi l’inventaire des meubles est obligatoire et doit donc être joint à votre état des lieux.

Le locataire a un délai de 10 jours après l’établissement de l’état des lieux d’entrée (ou d’un mois pour les appareillages de chauffage) pour demander une modification de cet état des lieux.L’état des lieux de sortie doit avoir la même forme que l’état des lieux d’entrée. C’est essentiel pour permettre une comparaison objective et notifier avec précision les éventuelles évolutions de l’état du logement ou du mobilier. Les relevés de compteurs sont également à conserver pour la résiliation des différents abonnements.

En cas de litige, il est important de rappeler que l’absence d’état des lieux ou le manque de précision dans cet état des lieux peut avoir des conséquences fâcheuses tant pour le bailleur que le locataire lors de la restitution du dépôt de garantie. En cas de désaccord, la présomption joue en faveur du locataire si aucun état des lieux n’a été établi à l’entrée, rendant alors impossible toute retenue sur le dépôt sans preuve que le logement était autre chose qu’en bon état.Enfin, il est conseillé d’utiliser une grille de vétusté pour vous aider à distinguer ce qui relève de l’usure normale et ce qui constitue une dégradation imputable au locataire sortant.Le locataire n’est responsable que des dégradations, sauf en cas de vétusté, force majeure ou faute du bailleur.

En général, c’est gratuit entre particuliers. S’il y a un professionnel, les frais sont partagés et encadrés. En location meublée, l’état des lieux est plus compliqué qu’en location vide. En effet, en plus de vérifier la conformité de nombreux équipements ou meubles, il y a des différences sur la durée du bail (1 an pour une location meublée/3 ans pour une location vide), le préavis (1 mois pour une location meublée/3 mois pour une location vide) ou encore le montant du dépôt de garantie (2 mois pour une location meublée/1 mois pour une location vide). Enfin, si vous êtes dans le cas d’une opposition sur la restitution du dépôt de garantie, il faut rendre le document sous 2 mois maximum, voire sous 1 mois si tout est ok.

Préparez-vous comme il faut et prenez le temps qu’il faut : la clef d’un état des lieux meublé réussi

Un état des lieux meublé est un moment à préparer avec soin et à aborder en toute transparence. Pour que tout se passe bien le jour du rendez-vous, il est recommandé de prendre suffisamment de temps pour réaliser l’inspection dans de bonnes conditions, sans se presser, notamment si le logement est vaste ou très meublé. Il peut être également utile de nettoyer le logement, de s’assurer du bon fonctionnement de tous les équipements et d’expliquer leur utilisation au locataire afin d’éviter toute mauvaise surprise pendant l’inspection.

L’état des lieux meublé peut tout à fait être réalisé sans l’intervention d’une agence qui pourrait se révéler coûteuse, à condition d’être rigoureux et méthodique. Le jour J, il est conseillé de visiter chaque pièce une à une. Pour chaque meuble, appareil électroménager ou accessoire, il faut mentionner par écrit son état général et les défauts éventuels (traces d’usure, dysfonctionnements…) ainsi que les dimensions des dégâts (rayure, tache, casse…). Favorisez les descriptions précises (« chaise en bois, rayure sur le dossier » ; « table basse IKEA, éclat sur le plateau ») aux termes trop vagues du type « meuble ».

L’état des lieux meublé est un gage de transparence qui permet d’établir une relation saine entre bailleur et locataire et de louer en toute équité. Il assure aussi la sécurité juridique des deux parties. Il permet également au bailleur de justifier des retenues sur le dépôt de garantie ou des réparations effectuées dans le logement pendant la location et limite les risques de conflit. L’état des lieux meublé doit être signé par toutes les parties présentes. Prenez le temps de relire le document complet avant signature et n’hésitez pas à ajouter vos propres remarques ou à demander des précisions si nécessaire. Une copie du document complet est remise à chaque partie afin d’éviter toute contestation ultérieure.

L’état des lieux meublé : conseils pour éviter les erreurs et réussir chaque étape

Documents, preuves et outils pour sécuriser l’état des lieux

L’utilisation d’outils ad hoc fiabilise l’état des lieux et sécurise en évitant les contestations. Les applications mobiles spécialisées facilitent la saisie des données et permettent de joindre les photos au rapport en temps réel. Datées, légendées, celles-ci constituent de précieuses preuves annexes  : elles montrent le mobilier et équipements dans leur état exact à un moment T. Photographier chacun des meubles, chaque pièce du logement ainsi que les éventuelles détériorations préserve bailleur et locataire. Il est conseillé par ailleurs de garder les factures d’achat ou de réparation du mobilier et, si nécessaire, de compléter la description par des enregistrements audio ou vidéo, l’inspection sensorielle (bruits, odeurs, tests de fonctionnement…) pouvant faire ressortir des défauts invisibles.

Pour renforcer la sécurisation de l’état des lieux, il faut rassembler et classer méthodiquement les éléments suivants  :

  • Établir un inventaire exhaustif du mobilier et des équipements, en mentionnant la marque, le modèle, l’état général ainsi que la date d’achat ou d’installation.
  • Avoir recours à des checklists types, permettant de passer en revue tous les éléments pouvant composer un logement (murs, sols, plafonds, électricité, plomberie…), et ainsi garantir une inspection complète.
  • Effectuer une consignation écrite des observations effectuées lors de l’inspection minutieuse de l’état des lieux d’entrée, y compris les observations les plus anodines qui pourraient évoluer dans le temps.
  • En cas de prévision d’un conflit avec le locataire notamment sur son comportement ou sa bonne foi, faire appel à un tiers de confiance (huissier par exemple) afin qu’il puisse authentifier l’état des lieux descriptif.
  • Numériser l’ensemble des documents liés à l’état des lieux (entrées et sorties) et les stocker dans un endroit sécurisé pour garantir leur intégrité et accès dans le futur.
  • Conserver tout échange écrit entre les parties (e-mails, courriers recommandés, attestations de visite…) relatifs à l’état des lieux d’entrée afin de prouver sa bonne foi et sa transparence dans la démarche.
  • Intégrer des technologies avancées telles que les applications mobiles dotées de géolocalisation ou d’horodatage pour une traçabilité accrue.

En mettant en pratique simultanément ces différentes astuces tant du côté propriétaire que locataire, ces derniers disposent d’une base objective solide afin de prévenir les conflits potentiels en amont mais également les résoudre rapidement en cas de désaccord. À côté de cela, la digitalisation progressive du processus – numérisation des états des lieux d’entrée et sortie en ligne sécurisée avec horodatage et signature électronique – facilite la gestion au quotidien ainsi que la conservation dans le temps. La rigueur dont témoigne chacune des parties vis-à-vis de la documentation liée à la location permet ainsi d’instaurer un climat serein et de confiance tout au long de la période de location.

Les litiges et erreurs à éviter

On comprend pourquoi  : 32 % des litiges portés devant une instance judiciaire concernent un état des lieux de sortie mal établi ou absent, et 72 % des dépôts de garantie sont retenus dans l’hypothèse d’un litige. Les raisons en sont le plus souvent liées à un manque de précision dans la description de l’état du logement lors de l’état des lieux, à l’absence de photographie et/ou à une mauvaise communication entre les parties. Pour éviter cela, le maître mot sera la transparence, l’objectivité dans la description des défauts,-même s’ils ne sont pas graves- ainsi qu’une préparation minutieuse de l’inspection. En cas de désaccord persistant sur l’état des lieux de sortie, vous pouvez demander la présence d’un tiers ou d’un professionnel indépendant.

Erreurs classiques à éviter : ne pas préparer son état des lieux, avoir une inspection incomplète (une pièce non vérifiée par exemple), manquer d’objectivité, ne pas réaliser un document visuel (photos), négliger certains éléments (vaisselle, petit électroménager, objets déco…). Il est donc important de vérifier chaque objet du logement et d’en faire mention dans votre inventaire. De même, le fait d’oublier de faire signer le document par chacune des parties ou encore de ne pas remettre une copie à chacune peut rendre votre état des lieux nul.

En cas de désaccord, misez d’abord sur le dialogue et la médiation. Si cela ne suffit pas, vous pourrez saisir la commission départementale de conciliation ou encore un juge.Rigoureux à chaque étape en anticipant les sources éventuelles de conflit  : c’est le meilleur moyen d’éviter les difficultés lors d’une location meublée. À noter  : si elle est généralement courte-la durée moyenne d’un bail meublé est estimée à 13 mois-, il est important que votre état des lieux soit solide pour sécuriser votre relation locative tout au long de votre location.

RESTEZ INFORMÉ

Gresel.org c’est…

Des actualités sur l’immobilier et la création d’entreprise à destination des professionels. Nous rédigeons également parfois des articles destinés aux particuliers.

© Gresel 2023 – Mentions légales